//// Les bas-fonds ////


Donzoko - 1957
 

Une image du film - Cliquez sur l'image pour l'agrandir (30 Ko)


Réalisation: : Akira Kurosawa.
Scénario : Akira Kurosawa, Ideo Oguni, d'après la pièce homonyme de Maxime Gorki (1902).
Directeur de la photographie : Ichio Yamazaki (35 mm, 1,33 ; noir et blanc)
Montage: Akira Kurosawa.
Musique : Masaru Sato.
Producteurs : Akira Kurosawa, Shojiro Motoki.
Société de production et de distribution : Toho.

Interprétation (avec indication des personnages correspondants de Gorki) :
Toshiro Mifune (Sutekichi, le voleur/ Vassili Pepel)
Isuzu Yamada (Osugi, la propriétaire de l'asile/ Vassilia Karpovna)
Ganjiro Nakamura (Rokubei, son mari/ Mikhail Ivanovitch Kostylev)
Kyoko Kagawa (Okayo, soeur d'Osugi/ Natacha)
Bokuzen Hidari (Kahei, le bonze pèlerin/ Louka)
Minoru Chiaki (Tonosama, ex-samouraï/ le Baron)
Kamatari Fujiwara (l'ex-acteur)

Durée : 2h07

Dans le Tokyo féodal, il existe, dans un quartier insalubre, un asile, tenu par Rokubei et sa femme, où il possible de dormir et de vivre pour quelques sous. Dans cette cour des miracles, on croise tout un monde de ratés: un voleur, un ancien acteur, un ferrailleur, un ex-samouraï, qui vivent tous dans la misère. On suit pendant les deux heures du film les évolutions quotidiennes de ces personnages, de leurs rêves, de leurs espoirs...
Un jour, alors que la vie semble tant bien que mal suivre son cours dans l'asile, entre jeux d'échec, beuveries et engueulades, arrive un mystérieux vieillard pélèrin. C'est autour de lui que vont se cristalliser les espoirs des petites gens qui vivent là. Le vieux leur permet en effet pour la première fois de croire à leurs espoirs et rêves. Il a en effet compris que le bonheur des gens peut passer par le mensonge: il confirme ainsi leurs espoirs comme possibles: il dit à l'ex-acteur alcoolique qu'il existe un temple où pourra se désintoxiquer, à la vieille femme en train de mourir que l'au-delà est meilleur que le réel, à la jeune prostituée qu'elle trouvera un jour le mari de ses rêves...
Le personnage du voleur Sutakichi (joué par Mifune, encore une fois, mais est-t-il besoin de le rappeler, excellent) va ajouter une intrigue à cette peinture du sous-prolétariat. Après avoir été l'amant de la propriétaire de l'asile, Osugi, il tombe amoureux de sa soeur Okayo et souhaite l'enlever à toute cette misère en quittant la ville. Mais Osugi d'abord jalouse, accepte à une seule condition, que Sutakichi la débarasse de son mari. Alors que Okayo semble prête à suivre le voleur repenti, la propriétaire profite d'une scène de confusion pour tuer son mari et faire accuser Sutakichi. Le seul à pouvoir le disculper, le vieux pélerin s'est enfui: il semble lui aussi avoir une part d'ombre et beaucoup de choses à cacher à la police...
Dans cette fable, complètement en huis-clos (le seul décor du film est l'asile et sa cour), complètement dénué d'optimisme (ce qui est assez rare chez Kurosawa pour être signalé), n'est sûrement pas le meilleur film du maître. On peut cependant retrouver dans cette adaptation de la pièce de Gorki (que je n'ai pas lu), un des thèmes préférés de Kurosawa: la peinture de la misère et des petites gens (qu'on retrouve dans Les Sept samouraïs ou L'ange ivre). Alors que beaucoup considèrent Kurosawa seulement comme un grand peintre du monde des samouraïs, il démontre ici l'ampleur de son talent et des préoccupations sociales pour dépeindre aussi la pauvreté...